
Article
min de lecture
Transport et Logistique : les métiers en mouvement
Un secteur stratégique qui emploie plus de 1,620 million de salariés (représentant 8,1% de l'emploi salarié total) et qui change en profondeur. Électrification des flottes, automatisation des entrepôts, digitalisation des opérations : le transport et la logistique ne ressemblera pas demain à ce qu'il est aujourd'hui.
Pour autant, le besoin de main-d'œuvre reste massif et urgent. Comment ces mutations ouvrent des opportunités plutôt que de fermer des portes.
Un secteur stratégique dans la mutation
Le transport et la logistique ne sont pas juste des secteurs d'emploi. Ce sont des artères vitales de l'économie française. Chaque colis livré, chaque marchandise acheminée, chaque voyageur transporté : c'est le travail de millions de salariés, répartis dans 71 500 établissements et générant une grande diversité de métiers.
Mais le contexte change. Les défis environnementaux imposent une transition énergétique qui transforme les métiers. L'e-commerce explose et redessine les flux logistiques. Les technologies d'automatisation remplacent certains postes, mais en créent d'autres, plus qualifiés, différents. Conductrices et conducteurs ne font plus que conduire. Elles et ils gèrent aussi des systèmes GPS, analysent les trajets, optimisent les consommations énergétiques.
Ce n'est pas l'extinction du secteur. C'est sa réinvention. Et cette réinvention crée des opportunités pour ceux qui se positionnent maintenant.
Les chiffres qui parlent
Au cœur des recrutements français
En 2026, le secteur enregistre 176 200 projets de recrutement soit 7,7% de l'ensemble des secteurs en France. Un volume impressionnant. Mais voici l'élément clé : 40,5% de ces recrutements sont jugés difficiles à pourvoir. C'est en baisse de 3,9% par rapport à 2025, une amélioration qui montre que les approches novatrices fonctionnent.
Les métiers qui recrutent le plus
La diversité des besoins reflète la complexité du secteur. Parmi les métiers les plus recherchés : la conduite de poids lourd (15 330 projets, 8,7% du total), la conduite de bus (9 200 projets, 5,2%), la conduite et livraison courte distance (8 700 projets, 4,9%), la conduite d'autocar ligne régulière (6 600 projets, 3,7%), et les ambulanciers/ières (4 490 projets, 2,5%).
Ce qui frappe : ce ne sont pas juste les conducteurs longue distance. C'est tout un écosystème de mobilité et de services qui recrute en tension. Chaque métier demande des profils spécifiques et souvent formés précisément à cette réalité terrain.
Insertion et formation : les preuves
Une question revient : est-ce que la formation dans le transport et la logistique débouche vraiment sur un emploi ? Les chiffres sont éloquents. 70,4% des personnes formées retrouvent un emploi dans les 6 mois qui suivent la fin de leur formation, une proportion impressionnante.
Les formations les plus efficaces ? Les plus techniques et directement opérationnelles. Les conducteurs routiers suivant le module FCO FIMO retrouvent un emploi à 76,7% après formation. La conduite poids lourd : 73,7%. Le chariot automoteur : 77,1%. Le transport en commun routier : 74,0%. La conduite auto : 63,4%. Ces chiffres montrent que les entreprises du secteur préfèrent former sur des compétences précises plutôt que d'attendre le « profil parfait ».
Les mutations qui ouvrent des portes
Électrification, automatisation, digitalisation
Les trois mutations majeures du secteur ne suppriment pas les emplois. Elles les transforment. Un conducteur de bus électrique, c'est un métier qui existe. Un opérateur dans un entrepôt robotisé, c'est aussi un métier : il ne met plus des cartons à la main, il pilote des machines, diagnostique les pannes, optimise les flux. Un agent de logistique avec les bons outils numériques, c'est quelqu'un qui gagne en efficacité et en sécurité.
La vraie question n'est pas « ces métiers vont-ils disparaître ? ». Elle est « qui sera formé assez tôt pour maîtriser les nouvelles versions de ces métiers ? ». Et sur cette question, le secteur manque de candidats formés.
Pourquoi les entreprises peinent encore à recruter malgré les volumes
Même avec 176 200 projets de recrutement et 99 100 offres enregistrées en 2025, les entreprises du transport et de la logistique trouvent les recrutements difficiles. Pourquoi ? Parce que les candidats disponibles n'ont pas toujours les compétences attendues, ou ne correspondent pas aux profils recherchés. C'est ce qu'on appelle une « pénurie de profils », pas une pénurie absolue de candidats.
France Travail s'est attaqué à ce problème en renversant la logique : plutôt que d'attendre le candidat parfait, on forme des profils capables d'apprendre. Les résultats : 88 500 recrutements via la Méthode de Recrutement par Simulation en 2025 (+ 4% vs 2024), 286 000 immersions en entreprise (+13%), 580 stades vers l'emploi en 2025 avec 6 sur 10 retrouvant un emploi dans les 6 mois.
Les solutions France Travail
Une prospection intensifiée
Pour répondre à cet enjeu, France Travail a mobilisé 6 000 conseillers France Travail Pro spécialisés dans l'accompagnement entreprises, coordonnés au travers de 400 task forces créées sur le territoire. L'objectif : aller à la rencontre des entreprises du transport et de la logistique, comprendre finement leurs besoins réels, et mobiliser les dispositifs les plus efficaces pour créer des appairages rapides.
Trois dispositifs qui fonctionnent
- Recrutement sans CV (MRS)
Plutôt que de sélectionner sur le parcours passé, on met un candidat en situation réelle pendant une demi-journée et on regarde s'il peut faire le travail. C'est particulièrement puissant dans le transport et la logistique, où l'expérience théorique compte moins que la capacité à bouger, à s'adapter, à être rigoureux. En 2025, ce dispositif a permis 88 500 recrutements.
- Immersion en entreprise
Cinq jours en entreprise, sans contrat, pour voir si le métier plaît vraiment. Beaucoup de candidats découvrent que la réalité diffère de l'image qu'ils avaient. Cette immersion permet aux entreprises de vérifier la motivation avant d'embaucher, et aux candidats de confirmer leur projet. En 2025, France Travail a réalisé 286 000 immersions, un nombre en hausse de 13%.
- Formation courte avant embauche
Plutôt que d'attendre l'« expérience », on forme rapidement sur les gestes métier spécifiques de l'entreprise. C'est la logique des formations sectorielles : chariot automoteur, FCO FIMO, conduite poids lourd, transport en commun routier. Les résultats parlent : 8 sur 10 retrouvent un emploi dans les 6 mois.
Proximité : aller à la rencontre
Durant les Places de l'emploi (tournée mobile dans les quartiers et zones rurales), France Travail a proposé 10 500 offres d'emploi du secteur transport-logistique. Ces places ont accueilli 60 000 visiteurs et mobilisé 2 500 partenaires dont des entreprises qui recrutaient en direct.
Vers la plateforme sectorielle
Pour aller plus loin, France Travail a créé une plateforme dédiée au secteur transport-mobilités : transports-mobilites.francetravail.fr. C'est un espace qui regroupe :
- Les offres d'emploi du secteur, filtrées par région et par métier
- Les formations recommandées pour chaque métier
- Les témoignages de professionnels qui ont changé de vie en rejoignant le secteur
- Les partenaires qui soutiennent l'accompagnement (CCI, CMA, écoles de conduite, centres de formation)
- La stratégie sectorielle de France Travail pour les transports (5 ans)
C'est un guichet unique pour les trois publics : chercheurs d'emploi qui veulent explorer le secteur, entreprises qui recrutent, et formateurs qui veulent aligner leurs parcours sur les besoins réels.
Le transport et la logistique ne disparaît pas. Il se transforme. Et cette transformation, c'est une opportunité pour ceux qui ont l'envie d'apprendre, l'énergie de se lancer, et la motivation de travailler dans un secteur stratégique.
Les entreprises du secteur recrutent. Massivement. Les formations existent, et elles débouchent vraiment sur de l'emploi. Les outils pour changer de vie professionnelle — formation courte, immersion, recrutement sans CV — ils ont fait leurs preuves.
→ Découvrir les formations et offres du secteur transport-logistique : transports-mobilites.francetravail.fr
Plus d'actualités
Article
« L’IA n’est pas qu’un sujet technologique : c’est [...]
Béatrice Grenade vient de prendre la direction IA & Data à la DGA Tech de France Travail, à un moment où l'intelligence artificielle cesse d'être une promesse pour devenir un outil du quotidien. Elle porte une conviction simple et exigeante : une IA utile est avant tout une IA au service de tous, chercheurs d'emploi, entreprises, conseillers. Rencontre.
Article
"L'IA avec NOUS" à Lille : France Travail au [...]
Le 12 juin 2026, la France franchit une nouvelle étape dans sa stratégie nationale sur l'intelligence artificielle. La ville de Lille accueille le Grand Sommet "L'IA avec NOUS" à EuraTechnologies, un événement d'envergure européenne réunissant plus de 1 000 participants et une cinquantaine d'intervenants français et internationaux. France Travail y est pleinement présent, en tant qu'acteur clé de l'emploi et de la montée en compétences des citoyens face à l'IA.
Article
France travail à l'université d'été de l’ANDRH : 4 [...]
France Travail renouvelle son partenariat avec l'ANDRH et franchit une étape décisive : intégrer ses services directement dans l'environnement de travail des DRH et recruteurs.
Ailleurs sur le site
L’état de l’emploi dans votre ville
Retrouvez les chiffres du marché du travail dans votre commune de plus de 5000 habitants.
Ensemble pour l'emploi
Retrouvez tous les chiffres permettant d'évaluer l'efficacité de notre action auprès des demandeurs d'emploi et des entreprises.

