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FSE+ et France Travail : Quand l'accompagnement intensif change les trajectoires

Le 30 juin, France Travail, la Commission européenne et la DGEFP réaffirment une conviction partagée : l'accompagnement intensif n'est pas une politique sans impact. C'est une stratégie mesurable qui change les vies. Pour les jeunes, pour les bénéficiaires du RSA, pour les salariés touchés par les restructurations économiques.

Publié le  03/07/2026

Trois ans après le début du programme FSE+ 2021-2027, les résultats parlent : 70% des jeunes en CEJ retrouvent un emploi en un an. L'accompagnement global augmente de 20 à 30% les chances de retour à l'emploi. Le Contrat de Sécurisation Professionnelle améliore l'insertion de plus de 20 points. C'est ce qu'on ne dit pas assez : quand une institution publique et l'Union européenne alignent leurs moyens sur des publics réels, on ne « gère » pas le chômage, on le transforme.

 

Pourquoi cette coopération importait dès le départ 

Depuis 2021, France Travail et l'Union européenne construisent ensemble, dans le cadre du programme national FSE+ « Emploi, inclusion, jeunesse et compétences ». Ce n'est pas juste un financement. C'est une reconnaissance mutuelle que l'emploi, en France, est un enjeu européen. Que la cohésion sociale passe par des trajectoires professionnelles accessibles à tous

Mais il faut être clair sur ce que cela signifie : cela signifie que pour les jeunes, les plus éloignés de l'emploi, pour les personnes au RSA, pour les salariés licenciés économiquement, on ne peut pas faire de l'accompagnement à bas coût. Il faut du temps humain. Il faut des conseillers formés. Il faut des outils adaptés. Et il faut financer cela sur le long terme. 

C'est exactement ce que le FSE+ permet. En cofinançant massivement les dispositifs de France Travail, l'Union européenne dit : cette politique fonctionne, continuons. Et France Travail répond : avec vos moyens, on va plus loin, plus vite, ensemble. 

 

Les trois stratégies qui changent des vies 

Pour les jeunes : quand l'engagement devient contrat 

La jeunesse française fait face à un défi spécifique. Pas seulement du chômage, c'est du décrochage. Des jeunes qui, à 18-25 ans, n'ont pas trouvé leur place dans le monde du travail. France Travail a fait un pari : plutôt que de laisser cette période s'allonger (et coûter plus cher en allocations chômage), on accompagne intensivement. Pas un email par mois. Un conseiller dédié. Des objectifs clairs. Un suivi formaté. 

Le résultat ? 145 000 jeunes intégrés en 2026 en Contrat d'engagement Jeune (CEJ) ou en Accompagnement individualisé des jeunes (AIJ). 1 500 conseillers mobilisés pour cette mission. Et surtout : 70% retrouvent un emploi dans l'année qui suit. C'est énorme. C'est un changement de trajectoire pour 100 000 jeunes par an. 

Pourquoi ça marche ? Parce que c'est un contrat. Il y a des engagements des deux côtés. Le jeune doit être présent, actif, impliqué. Le conseiller doit être régulièrement disponible, adapter son accompagnement, aider à lever les freins (transport, logement, confiance, orientation). France Travail et le FSE+ ont financé les 1 500 conseillers qui font cette différence. 

Pour les bénéficiaires du RSA : lever les freins, pas juste les symptômes 

Le RSA est une allocation de solidarité. Mais le problème, c'est qu'une allocation seule ne sort personne de la pauvreté. Pour vraiment s'insérer, il faut aussi : une garde d'enfants accessible, une solution de transport, une confiance en soi restaurée, une formation adaptée. 

C'est ce que propose l'accompagnement global pour les bénéficiaires du RSA. C'est une approche holistique : on considère la personne dans sa totalité. On ne dit pas « trouvez un emploi ». On dit « nous allons vous aider à résoudre ce qui vous bloque et vous accompagner sur votre recherche d'emploi ». En 2026, 1 160 conseillers le font pour 115 000 chercheurs d'emploi

Les résultats sont mesurés : cet accompagnement augmente de 20% les chances de retour à l'emploi. Et dans les territoires les plus engagés, jusqu'à 30%. C'est une amélioration immense. Cela signifie que sur 100 personnes qui auraient eu une chance sur trois de retrouver un emploi, elles en ont maintenant une sur deux, voire presque deux sur trois. 

Pour les licenciés économiques : sécuriser les transitions 

Les grandes restructurations n'ont pas disparu en 2026. Quand une usine ferme, quand une branche se reconvertit, le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP) est le filet. Il dit : vous perdez votre emploi, certes. Mais nous vous formons pendant votre préavis. Nous vous aidons à monter un projet professionnel. Et à l'issue, vous avez une meilleure chance de vous réinsérer. 

Depuis 2023, 21 000 salariés licenciés économiques en ont bénéficié, cofinancé par le FSE+. Les chiffres sont frappants : plus de 50% accèdent à un emploi dans les 12 mois, contre 34% pour ceux qui n'en bénéficient pas. C'est un écart de près de 20 points. Une personne qui bénéficie du CSP a deux fois plus de chances de retrouver un emploi durable. 

 

Une infrastructure partagée pour amplifier l'impact 

France Travail « mutualise ses outils et services numériques grâce au SI Plateforme ». Cela semble technique. Mais c'est stratégique. 

Jusqu'à récemment, chaque dispositif d'insertion fonctionnait en silo. Des données qui ne se parlaient pas. Des informations doublées. Des chercheurs d'emploi qui devaient réexpliquer leur histoire à plusieurs conseillers. Le SI Plateforme change cela. C'est une infrastructure partagée qui connecte France Travail, les Missions Locales (UNML), EPIDE, les Départements, les entreprises partenaires. Quand un conseiller accompagne un jeune, il peut voir immédiatement quel accompagnement il a déjà reçu, quelles formations il a suivies, quels employeurs l'ont déjà rencontré. 

C'est banal pour un système privé. Ça l'est beaucoup moins pour un système public où, traditionnellement, chacun garde ses données. Grâce au FSE+, qui finance cette infrastructure, France Travail accélère la mutualisation et la coordination territoriale.  

 

Ce que ce partenariat révèle sur la gouvernance de l'emploi en France 

Le fait que France Travail, la Commission européenne et la DGEFP se réunissent le 30 juin n'est pas anecdotique. C'est une reconnaissance : l'emploi français dépend maintenant d'une coopération à trois niveaux. 

France Travail apporte l'expertise opérationnelle et la connaissance des territoires. La DGEFP apporte la vision stratégique gouvernementale et l'alignement avec les politiques publiques d'insertion. La Commission européenne apporte les moyens financiers et une responsabilité collective : cette politique d'emploi de la France doit aussi fonctionner pour la cohésion européenne. 

C'est un équilibre fragile. Mais quand il fonctionne, il produit des résultats. 145 000 jeunes accompagnés. 115 000 bénéficiaires du RSA suivis intensivement. 21 000 salariés en transition professionnelle. C'est des centaines de milliers de trajectoires chaque année qui s'accélèrent, se stabilisent, se sécurisent.

 

L'événement du 30 juin : plus qu'un bilan 

Cet événement n'est pas une conférence où on énumère des chiffres. C'est un moment de reconnaissance mutuelle et de réaffirmation d'engagement

La matinée pose la question : quel est le parcours réel de quelqu'un qui retrouve un emploi après des années ? Comment ces dispositifs s'articulent-ils ? Quels sont les freins résiduels ? Thibault Guilluy (DG France Travail), la DGEFP et la Commission européenne ont répondu. Mais surtout, des vidéos de bénéficiaires réels racontent leur histoire. Pas de rhétorique institutionnelle. Juste des gens qui ont changé de vie. 

L'après-midi a réuni les têtes de réseau, UNML (Missions Locales), EPIDE (préparation militaire), Départements, entreprises partenaires, pour deux tables rondes stratégiques : 

  1. La place de la jeunesse au cœur des solutions d'insertion. Comment coordonner les acteurs pour que chaque jeune trouve son chemin ? Pas un chemin théorique. Le sien. 
  2. Les synergies entre champs social et professionnel. Le vrai enjeu. Beaucoup de publics ont besoin à la fois d'aide sociale (travailleurs sociaux) et d'aide à l'emploi (conseillers). Comment ces deux mondes collaborent-ils plutôt que de fonctionner en parallèle ? 

 

Pourquoi cela importait au leader d'opinion, au journaliste, au DRH 

Le 30 juin 2026 est un moment rare. On parle souvent de l'emploi comme d'un problème à gérer. Comme si l'objectif était simplement de réduire le nombre de chômeurs, ou de faire baisser les chiffres. 

Cet événement dit quelque chose de plus audacieux : l'emploi est une question de transformation. Pas de gestion. De transformation. Et cette transformation exige une coopération à plusieurs niveaux, national, européen, territorial, pour que l'accompagnement intensif atteigne ceux qui en ont le plus besoin. 

Pour les DRH : cela signifie qu'il existe maintenant une mécanique publique robuste pour former et préparer des candidats vraiment motivés. Le CSP et le CEJ ne sont plus des programmes théoriques. Ce sont des vecteurs d'insertion mesurables. 

Pour les journalistes : cela signifie qu'il y a une histoire à raconter sur comment l'Europe et la France travaillent ensemble sur un enjeu social majeur. De l'impact réel. 

Pour les leaders d'opinion (élus, décideurs publics) : c'est une preuve qu'une politique d'accompagnement intensif peut être cofinancée et coordonnée sans perdre en qualité ou en réactivité. C'est un modèle à amplifier. 

L'accompagnement intensif n'est pas un luxe. C'est une nécessité opérationnelle si on veut vraiment réduire l'éloignement de l'emploi. Et elle a un coût. Mais ce coût est plus bas que celui d'une année supplémentaire au chômage (en allocations, en pertes fiscales, en dégradation de santé sociale). 

Le FSE+ finance ce coût pour les années 2021-2027. Le 30 juin, France Travail a démontré que ce financement fonctionne. 70% des jeunes en emploi. 20-30% d'amélioration pour le RSA. 20 points de gain pour les licenciés économiques. Ce ne sont pas des chiffres abstraits. Ce sont des dizaines de milliers de vies qui changent de direction. 

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