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Enquête BMO 2026 : France Travail déploie sa stratégie sectorielle face à près de 2,3 millions de projets de recrutement

France Travail publie les résultats de l’enquête annuelle Besoins en Main-d’Œuvre (BMO). Cette 25e édition, menée auprès de plusieurs centaines de milliers d’établissements, révèle près de 2,3 millions d’intentions de recrutement pour l’année à venir, en retrait de 6,5 % par rapport à 2025, un ralentissement deux fois moins marqué que l’année précédente.

Publié le  21/04/2026

Néanmoins, si les tensions de recrutement demeurent élevées dans de nombreux secteurs, elles révèlent avant tout l’ampleur des besoins dans des métiers essentiels. À l’occasion du lancement national de sa stratégie sectorielle, France Travail présente les actions déployées pour répondre aux besoins des entreprises et sécuriser les parcours des chercheurs d’emploi vers les métiers qui recrutent.

 

CHIFFRES CLÉS

 

  • 2,275 millions d’intentions de recrutement pour 2026
  • Les entreprises prévoient de recruter légèrement moins cette année : -6,5 %, une baisse beaucoup moins marquée que l’an dernier (-12,5 %)
  • 23 % des établissements prévoient de recruter (contre 24 % en 2025)
  • 43,8 % des entreprises estiment que leurs recrutements seront difficiles (en recul de 6,3 points vs 2025)

2 recrutements sur 3 dans les PME/TPE

Malgré un contexte économique plus prudent, les entreprises françaises maintiennent un niveau de recrutement élevé avec près de 2,3 millions de projets en 2026, confirmant la robustesse du marché du travail. Ce léger ralentissement, moins marqué que l’an dernier, traduit surtout la prudence des grands groupes (-12,8 % pour les établissements de plus de 200 salariés). Deux recrutements sur trois se feront dans les TPE-PME, preuve que le tissu économique de proximité continue de porter l’emploi dans les territoires.

Plusieurs secteurs tirent leur épingle du jeu : la santé affiche une légère progression (+0,4 %), avec 322 000 recrutements prévus. L’industrie extractive et la gestion des déchets enregistrent une hausse significative (+24,8 %). Les TPE-PME, qui représentent les deux tiers des recrutements prévus, font preuve d’une résilience remarquable, avec des reculs limités (-6,5 % pour les 0-9 salariés, -5,8 % pour les 10-49 salariés).

Les tensions de recrutement demeurent significatives avec 43,8 % des projets jugés difficiles, mais ce chiffre recule de 6,3 points par rapport à 2025, signe que les efforts engagés portent leurs fruits. Ces tensions témoignent surtout de l’ampleur des besoins en compétences dans des métiers essentiels, et appellent une mobilisation renforcée pour accélérer les reconversions vers les métiers porteurs.
 

Les secteurs dynamiques

TOP 5 SECTEURS QUI RECRUTENT :

  • Santé, social, services à la personne : 322 000 projets (+0,4 % vs 2025) — 54 % difficiles
  • Hôtellerie-restauration : 319 000 projets — 44 % difficiles
  • Commerce-distribution : 264 000 projets — 36 % difficiles
  • Industrie : 211 000 projets — 48 % difficiles
  • Agriculture : 193 000 projets — 39 % difficiles

Les 8 tendances clés à retenir

  1. Santé et soin : une filière en croissance
    Avec 322 000 projets de recrutement en 2026, en légère hausse de +0,4 %, la santé est l’un des rares secteurs à progresser cette année. 54 % de ces projets sont jugés difficiles par les employeurs, reflet de besoins structurels liés au vieillissement de la population et à la montée en charge des services de soins. D’ici 2030, ce sont 500 000 postes qui devront être pourvus dans ce secteur. Parmi les métiers les plus recherchés : aides-soignants, infirmiers et auxiliaires de vie.

  2. BTP et construction : des tensions persistantes sur des volumes élevés
    Le secteur du BTP concentre 143 000 projets de recrutement avec un taux de difficulté record : 65 % des postes sont jugés difficiles à pourvoir. Cette tension reflète des besoins structurels liés aux grands projets d’infrastructure, à la rénovation énergétique des bâtiments et à l’expansion urbaine. Les métiers en premier plan : maçons, charpentiers, électriciens et conducteurs de travaux.

  3. Hôtellerie-restauration : une dynamique de recrutement forte
    Avec 319 000 projets de recrutement, l’hôtellerie-restauration demeure l’un des premiers secteurs employeurs en France. 44 % de ces projets sont considérés comme difficiles, notamment en raison des conditions de travail et de la saisonnalité. Les besoins en cuisiniers, serveurs et professionnels de l’accueil restent très élevés, portés par la reprise du tourisme et la saison estivale.

  4. Commerce et distribution : le premier secteur tertiaire
    Le commerce et la distribution concentrent 264 000 projets de recrutement, avec un taux de difficulté de 36 %. Tiré par la croissance du commerce de proximité, du e-commerce et de la grande distribution, ce secteur offre de nombreuses opportunités pour des profils variés. Les métiers phares : vendeurs, caissiers, chefs de rayon et responsables de magasin.

  5. Transport et logistique : colonne vertébrale de l’économie
    Le transport et la logistique affichent 94 000 projets de recrutement, dont 43,5 % jugés difficiles. La croissance du e-commerce et la nécessité de moderniser les chaînes d’approvisionnement alimentent une demande soutenue en conducteurs poids lourds, magasiniers et logisticiens. La transition écologique crée également de nouveaux besoins autour des flottes électriques et de la logistique du dernier kilomètre.

  6. Agriculture : recruter pour préserver notre capacité à produire
    L’agriculture prévoit 193 000 recrutements en 2026, avec 39 % de projets difficiles. L’enjeu est à la fois économique, territorial et générationnel : près d’un exploitant sur deux partira à la retraite d’ici 2030. La filière recrute des ouvriers agricoles, des techniciens et des professionnels de l’agronomie, dans un contexte de modernisation rapide des pratiques culturales et d’adaptation au changement climatique.

  7. Industrie : faire des recrutements un levier de réindustrialisation
    Avec 211 000 recrutements prévus et 48 % de projets jugés difficiles, l’industrie est l’un des secteurs les plus stratégiques. Recruter dans l’industrie, c’est soutenir la compétitivité, la décarbonation et l’implantation de nouveaux sites. Les filières métallurgie, aéronautique et agro-alimentaire concentrent l’essentiel des besoins. À l’horizon 2035, ce sont près de 200 000 postes par an qui devront être pourvus.

  8. Numérique : une pénurie de compétences à combler
    Le numérique concentre 84 227 projets de recrutement avec 49,5 % jugés difficiles — l’un des taux de tension les plus élevés toutes filières confondues. La transformation numérique accélérée de l’économie crée une demande croissante en développeurs, data scientists, experts en cybersécurité et chefs de projet digital. Un secteur qui offre de réelles perspectives de reconversion pour des profils issus de formations variées.

 

France Travail change d’échelle pour répondre aux tensions de recrutement

La stratégie sectorielle : une réponse structurée aux tensions
 

Face aux tensions de recrutement révélées par l’enquête BMO, France Travail change d’échelle et déploie une stratégie sectorielle structurée. L’objectif est de : réduire durablement les tensions de recrutement, accélérer l’accès à l’emploi et sécuriser les parcours professionnels des publics accompagnés.

Cette stratégie repose sur une conviction : avoir une méthode qui s’appuie sur l’intelligence collective, la co-responsabilité et des solutions opérationnelles ancrées dans les réalités du terrain. Il ne s’agit plus de travailler en silos ni d’attendre que les tensions apparaissent, mais d’anticiper, de coordonner et d’agir au bon moment, avec les bons acteurs.

30 filières stratégiques ont été identifiées, dont 11 prioritaires (santé, BTP, Hôtellerie restauration, Commerce distribution, Transport logistique, Agriculture, Industrie, Emploi public, Numérique, Nucléaire et Energies), couvrant l’essentiel des secteurs les plus stratégiques et 80 % des emplois à venir. Pour chacune d’entre elles, France Travail construit des ambitions communes avec l’ensemble des parties prenantes : fédérations professionnelles, OPCO, Réseau pour l’emploi, branches, entreprises et territoires. Cette dynamique se traduit déjà par des engagements solides : plus de 40 accords de partenariat signés.

La stratégie sectorielle ne se limite pas à des semaines thématiques ponctuelles. Elle s’inscrit dans la durée, avec des actions concrètes et adaptées aux territoires. Du national au local, chaque région s’empare de cette feuille de route et choisit les actions les plus adaptées aux spécificités de son territoire pour anticiper les besoins, soutenir les entreprises confrontées à des difficultés de recrutement et faciliter les reconversions vers des emplois locaux.
 

Le parcours sectoriel : 4 piliers d’action

La stratégie sectorielle s’appuie sur un parcours complet qui mobilise les expertises de l’ensemble des acteurs de chaque filière : attirer, former, recruter et pérenniser.

  1. ATTIRER : Rendre les métiers visibles et attractifs
    Beaucoup d’idées reçues persistent sur les métiers en tension. La réalité, c’est celle de filières dynamiques qui recrutent et offrent de vraies perspectives d’évolution. Pour casser ces préjugés et susciter des vocations, France Travail développe des plateformes sectorielles comme prendresoin.fr, véritable point d’entrée pour découvrir les métiers, identifier les formations, accéder aux offres d’emploi et comprendre les démarches. D’autres plateformes sont en cours de construction pour les secteurs du transport et du numérique.
    L’immersion facilitée permet de découvrir concrètement un métier : France Travail encourage les professionnels à ouvrir les portes de leurs entreprises, exploitations ou ateliers. Des sessions de détection de potentiel mixent ateliers de découverte et mises en situation pratiques, inspirées de la Méthode de Recrutement par Simulation (MRS). Le mentorat, via des dispositifs comme MyJobGlasses, connecte chercheurs d’emploi et professionnels pour un échange direct sur les réalités du métier.

  2. FORMER : Acquérir rapidement les compétences attendues
    Former vite et bien aux compétences réellement attendues par les entreprises : c’est l’enjeu de cette deuxième étape. France Travail réoriente son budget formation pour consacrer 50 % des moyens alloués aux formations courtes avant embauche, notamment via la Préparation Opérationnelle à l’Emploi (POE). Ces formations permettent d’acquérir en quelques semaines les compétences essentielles pour occuper un poste immédiatement.
    Les métiers évoluent rapidement : ils se numérisent, se transforment, intègrent les enjeux de transition écologique. La formation doit anticiper ces mutations. C’est pourquoi France Travail travaille en lien étroit avec les OPCO et les organismes de formation pour adapter les parcours aux besoins sectoriels et garantir leur efficacité immédiate.

  3. RECRUTER : Accélérer les mises en relation et aller au plus près des besoins
    Les 6 000 conseillers France Travail Pro se mobilisent chaque jour pour aller au-devant de tous les recruteurs, de façon coordonnée avec les partenaires du Réseau pour l’emploi. Cette proactivité envers les entreprises a permis, avec 160 000 visites d’entreprises au second semestre 2024, la création de 30 000 emplois. France Travail s’est fixé l’objectif de réaliser 400 000 prospections en 2026, soit 4 fois plus qu’en 2023.
    Des task forces territoriales sont déployées pour organiser une prospection sectorielle coordonnée. Des recrutements mutualisés permettent de répondre à des postes recherchés dans plusieurs secteurs d’activité. L’analyse de poste par les conseillers France Travail permet de concevoir des exercices de MRS adaptés aux besoins réels des entreprises, notamment les TPE et PME dont France Travail est le partenaire RH de proximité.

  4. PÉRENNISER : Sécuriser les parcours et accompagner les transitions
    L’accompagnement ne s’arrête pas à l’embauche. France Travail sécurise les parcours professionnels en accompagnant les transitions et les mobilités intersectorielles. Dans un contexte de transformations économiques rapides, certains secteurs connaissent des mutations structurelles. L’enjeu est d’anticiper ces évolutions et d’accompagner les reconversions vers les métiers porteurs identifiés par BMO.
    Cette approche globale garantit qu’aucun salarié, aucun chercheur d’emploi, aucun territoire ne sera laissé de côté. La responsabilité de France Travail est claire : faire en sorte que les grandes priorités économiques de la Nation deviennent des opportunités concrètes d’emploi pour nos concitoyens.
     

     

CHIFFRES CLÉS — FRANCE TRAVAIL EN ACTION

  • 30 filières identifiées, dont 11 prioritaires
  • + de 40 accords de partenariat
  • 80 % des secteurs couverts
  • 6 000 conseillers France Travail Pro mobilisés
  • 400 000 prospections prévues en 2026 (x4 vs 2023)

Besoins sectoriels :

  • Agriculture : 200 000 projets/an
  • Industrie métallurgie : 200 000/an
  • Nucléaire : 100 000 d’ici 2035
  • Aéronautique : 25 000/an
  • Santé : 500 000 d’ici 2030

L’enquête BMO 2026 confirme la place centrale de France Travail comme outil stratégique unique pour anticiper les besoins du marché du travail : fine, territorialisée, prospective, elle est la référence pour toutes les parties prenantes qui souhaitent agir avec précision sur les tensions de recrutement.
Face aux défis que révèle cette édition, la stratégie sectorielle apporte une réponse concrète et structurée. En passant d’actions ponctuelles à une approche globale : de l’attractivité des métiers à la sécurisation des parcours. 
France Travail change véritablement d’échelle. L’ambition est à la mesure des enjeux : faire des grandes priorités économiques de la France de vraies opportunités d’emploi, partout dans les territoires, pour tous les Français.
 

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