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Paroles d’experts avec Karen Fouchy, experte régionale métiers du soin et de l’accompagnement
La région PACA est souvent décrite comme l’une des plus “vieillissantes” de France. Quelle est aujourd’hui la réalité démographique et quels enjeux cela pose-t-il ?
Publié le 05/03/2026
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Karen Fouchy |
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La région Provence-Alpes-Côte d’Azur compte déjà plus de 1,1 million de personnes âgées de plus de 65 ans, soit 23 % de sa population. Depuis 2018, elle compte même davantage de séniors que de jeunes de moins de 20 ans. Et la dynamique va s’accélérer : selon les projections de l’Insee, la région pourrait compter près de 1,6 million de personnes de plus de 65 ans dans les années à venir, avec un doublement du nombre de personnes de plus de 85 ans. En 2040, un habitant sur trois aura plus de 60 ans. Cette évolution démographique pose un défi majeur : accompagner dignement le vieillissement de la population tout en répondant à des besoins massifs de recrutement dans la santé, le social, la petite enfance et l’aide à domicile. |
Concrètement, où en est-on en matière d’emploi et de tensions de recrutement dans la filière soin et accompagnement ?
La filière représente un poids économique majeur en Provence-Alpes-Côte d’Azur : environ 152 000 salariés, soit 6,7 % de l’emploi régional. C’est un secteur structurant pour notre territoire, à la fois en volume d’emplois et en impact social.
Pour 2025, France Travail a recensé plus de 215 300 projets de recrutement en PACA, tous secteurs confondus. Au sein du bloc “Santé et Action sociale”, les besoins restent particulièrement élevés et les tensions significatives.
Plusieurs métiers concentrent une part importante des projets de recrutement et connaissent des difficultés de recrutement :
- Aides-soignants : 8 500 projets de recrutement, avec plus de 65 % de recrutements jugés difficiles. Ils représentent à eux seuls 37 % des effectifs de santé.
- Infirmiers et sages-femmes : 4 500 projets, avec près de 67 % de difficultés. Les infirmiers constituent 28 % des effectifs.
- Éducateurs spécialisés et intervenants socio-éducatifs : 2 800 projets, avec environ 63 % de tension.
- Aides à domicile et aides ménagères : 12 500 projets — l’un des volumes les plus importants — avec près de 78 % de recrutements difficiles.
- Professionnels de l’action sociale : 1 200 projets, avec plus de 50 % de tension.
Les métiers de l’aide à domicile et de l’accompagnement social affichent des niveaux de tension très élevés, pouvant dépasser 80 % dans certains départements comme le Var ou les Alpes-Maritimes.
Ces difficultés s’expliquent par plusieurs facteurs : conditions de travail exigeantes, horaires décalés, attractivité salariale limitée, et concurrence entre établissements.
Justement, comment France Travail agit pour répondre à ces défis ?
Derrière la stratégie régionale « Soin et Accompagnement », il y a un travail de terrain très opérationnel porté par nos experts départementaux.
Car les réalités diffèrent fortement entre le littoral azuréen, les départements alpins ou les zones rurales du Vaucluse. Notre force, c’est cette capacité à adapter la politique régionale aux besoins locaux.
Nous développons différentes approches qui permettent de répondre aux besoins de recrutement en ouvrant certains métiers aux profils en reconversion. C’est notamment le cas de nos méthodes de recrutement sans CV comme la Méthode de Recrutement par Simulation (MRS) ou le recrutement immersif. Nous œuvrons aussi beaucoup pour faire connaitre la réalité des métiers et déconstruire les idées reçues grâce à des immersions, des détections de potentiel, des rencontres mais nous allons plus loin en proposant des formats différents comme une pièce de théâtre dans laquelle des auxiliaires de vie partagent leur quotidien ou la mise en place d’un bus qui sillonne les zones rurales et les QPV pour faire découvrir les métiers du grand âge ou du handicap
L’objectif est clair : redonner du sens, de la visibilité et de l’attractivité à ces métiers essentiels.
Les partenariats semblent également jouer un rôle clé. Pouvez-vous nous donner quelques exemples ?
Absolument. La transformation passe par des alliances fortes avec les employeurs et les acteurs du territoire.
Par exemple nous avons renouvelé notre partenariat avec l’Ugecam Paca Corse en février 2026 et nous allons faire de même avec DomusVi. Ces partenariats sont importants parce qu'ils sont basés sur une réelle approche opérationnelle. Ils nous permettent de développer des parcours sur mesure, de mettre en place des formations et de favoriser les immersions.
Nous développons également des parcours structurants comme :
- « Cap vers l’enfance » dans le Var, avec un escape game pédagogique pour découvrir les métiers de la petite enfance, suivi d’un accompagnement individualisé et d’immersions en crèche afin de sécuriser l’entrée en formation.
- Une Préparation Opérationnelle à l’Emploi (POE) de technicien de laboratoire avec Synlab, permettant à 20 candidats issus de trois départements de se former au BTS Physique-Chimie avec, à la clé, un CDI dans les laboratoires partenaires.
Ces démarches traduisent une conviction forte : pour face au défi du recrutement, il ne suffit pas d’afficher des offres. Il faut créer des parcours sécurisés, valoriser les métiers et aller chercher les talents là où ils se trouvent.
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