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« À la MAIF, pour nos postes de la relation client, nous privilégions les personnes et les compétences, plutôt que les diplômes »

1 800 recrutements par an, près de 9 000 collaborateurs, et une ambition RH claire : allier performance et inclusion. NADIA REMERAND-TURGNE, directrice développement et gestion RH de la MAIF, nous dévoile une stratégie de recrutement innovante, en partenariat étroit avec France Travail.

Publié le  09/12/2025

France Travail : Pouvez-vous nous présenter la politique de recrutement de MAIF ?

Nadia Remerand-Turgne : Notre approche se concentre sur deux recrutements volumiques principaux : nos conseillers commerciaux, pour lesquels nous utilisons la Méthode de recrutement par simulation (MRS) avec France Travail, et nos métiers de la DSI. Ces recrutements représentent une part importante de nos 1 800 embauches annuelles, à 98% en CDI.

Notre philosophie ? Privilégier les soft skills, les personnes et les compétences, plutôt que les diplômes et les parcours académiques. Nous recherchons avant tout l'intelligence situationnelle et émotionnelle, l'adaptabilité et la capacité apprenante. Parce qu'à la MAIF, notre promesse d'excellence à l’égard du prospect et du sociétaire MAIF est très forte. La relation client exige donc des qualités d'écoute, d’appétence commerciale et d'adaptation certaines. Et avec un turnover très bas, nous savons que 15% de nos recrues en CDI resteront jusqu'à la retraite. D'où l'importance Par ailleurs, nous avons à cœur de détecter leur potentiel d'évolution dès le recrutement, pour favoriser le développement de leurs compétences et de leur carrière, au sein du groupe.

Comment cette vision s'articule-t-elle avec vos objectifs d'inclusion ?

N. R.-T. : L'inclusion se trouve au cœur de nos engagements et nos recrutements. Nous visons les labels Afnor Diversité et Égalité Professionnelle – nous avons d'ailleurs été audités cet été. Cette ambition nous pousse à réinterroger nos méthodes pour supprimer les biais à chaque étape du recrutement, tout en assurant notre production : 600 commerciaux à recruter pour 2026 !

Concrètement, nous avons développé plusieurs dispositifs. Au-delà de la MRS, nous proposons 100 certificats de qualification professionnelle (CQP) par an en alternance, avec un engagement de recrutement d'un candidat sur deux en CDI. Pour nos métiers IT, nous avons conclu un partenariat avec Simplon : 12 développeurs formés dans une première promotion en immersion dans nos locaux et nos équipes, avec 91 % de diplômés et 75 % d’intégration dans nos équipes. Une deuxième promotion vient d’être lancée, élargie à d'autres acteurs du bassin niortais.

La MRS permet d'identifier des profils motivés issus d'horizons variés – âges, métiers, secteurs différents.


Quel bilan tirez-vous de votre collaboration avec France Travail via la MRS ?

N. R.-T. : Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 12 réunions d'information collectives, 26 sessions d'entretien, 139 candidats rencontrés, et 23 recrutements entre janvier et mai 2025. Aujourd'hui, 20 entités MAIF recrutent via cette méthodologie.

Ce qui nous séduit ? La MRS permet d'identifier des profils motivés issus d'horizons variés – âges, métiers, secteurs différents. Cette diversité enrichit nos équipes et nos pratiques managériales. Nous avons des équipes plus intergénérationnelles, moins d'âgisme, plus de richesse collective. Nos managers, initialement parfois déroutés par cette approche, reconnaissent aujourd'hui sa pertinence.

Comment abordez-vous les évolutions du marché du travail ?

N. R.-T. : Nous avons la chance d'avoir une marque employeur attractive. Notre label Happy Candidate avec une note de 4,4/5 et un taux de recommandation de 88% en témoignent. Nous ne manquons pas de CV. Néanmoins, comme toutes les entreprises, nous constatons qu'il est plus complexe de recruter et de fidéliser.

Les leviers d'engagement ont changé et les attentes des candidats et des collaborateurs ne sont plus les mêmes. Nous devons donc adapter notre management : plus de personnalisation, plus d'écoute, moins de « process and control ». C'est toute notre culture managériale que nous réinterrogeons.

Quelle est votre position sur l'intelligence artificielle ?

N. R.-T. : Nous prenons le temps de la réflexion. Nous avons organisé une convention salariée, véritable outil de démocratie participative, pour nourrir notre réflexion afin que l'IA serve notre performance sans nuire aux valeurs humaines. Nous avons également une acuité toute particulière sur les enjeux d'impacts environnementaux, de souveraineté et de sécurité des données.

Aller chercher au plus près les candidats, donner sa chance.


Un mot de conclusion ?

N. R.-T. : Le marché du travail est tendu, volatile. Notre défi est double : maintenir notre attractivité externe tout en réinventant notre promesse employeur interne. Cela passe par la mobilité, nous priorisons les parcours internes, par l'écoute et par notre engagement à maintenir l'employabilité durable de nos collaborateurs. Dans un monde qui change si vite, c'est notre responsabilité sociétale. Et notre partenariat avec France Travail s'inscrit pleinement dans cette vision : aller chercher au plus près les candidats, donner sa chance à chacun, créer de la valeur partagée.

Carole Kanetzki, Responsable chez Campus MAIF

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