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« Hand’Joy a pour ambition d’amener la pratique sportive et les métiers du sport dans les quartiers prioritaires »

Diplômée d’un master en management du sport et handballeuse semi-professionnelle en 2e division à Noisy-le-Grand, Amina Tounkara est à la tête de Hand’Joy, une association d'inclusion sociale qui se tourne vers l'insertion professionnelle par le sport en prônant l'égalité des chances. Par le biais de cette structure, elle s’attèle à rendre les métiers du sport et la pratique sportive accessibles aux femmes et jeunes filles de banlieue. Témoignage d’une sportive engagée.

Publié le  17/04/2024

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Quel rôle le sport a-t-il joué dans votre parcours ?

Amina Tounkara : J’ai grandi dans un quartier prioritaire, loin des terrains de sport et sans perspectives quant à mon avenir professionnel. Puis au collège, ma professeure d’éducation physique et sportive m’a fait découvrir et aimer le handball, et cela a changé ma trajectoire de vie. Grâce cette discipline, j’ai découvert d’autres horizons que ceux de mon quartier. J’ai voyagé aux quatre coins de la France, fait des rencontres toutes plus enrichissantes les unes que les autres et découvert des cultures différentes de la mienne.

Il y a une absence de rôles modèles féminins dans le sport auxquels les jeunes pourraient s’identifier.


Quel regard portez-vous sur la place des femmes dans le sport, et a fortiori dans les métiers du sport ?

A. T. : Les femmes sont encore trop peu représentées dans le monde du sport. Tout d’abord parce que les compétitions féminines souffrent d’un manque d’intérêt de la part du public, celles-ci étant moins médiatisées que les compétitions masculines.
Par ailleurs, peu de femmes occupent des postes à responsabilités dans les directions sportives, entraînant une absence de rôles modèles féminins auxquels les jeunes pourraient s’identifier.

Quels sont les freins auxquels sont confrontées les jeunes filles issues de quartiers prioritaires souhaitant intégrer cet univers ?

A. T. : Avant toute chose, il est important de souligner que bon nombre d’entre elles ignorent jusqu’à l’existence même du sport féminin. Ensuite, ces jeunes filles sont souvent privées de sport parce qu’elles n’ont pas les moyens d’assumer le coût d’un club ou d’une association sportive. Outre ce frein financier, elles se heurtent fréquemment à certaines barrières culturelles, selon lesquelles le sport est avant tout une discipline réservée aux hommes.

Et d’une manière générale, les femmes – issues ou non de quartiers prioritaires – qui pratiquent un sport à haut niveau doivent jongler entre vie sportive et vie familiale. Elles ont donc des difficultés à vivre pleinement du sport et sont pour la plupart joueuses semi-professionnelles, c’est-à-dire qu’elles exercent un métier en parallèle pour subvenir à leurs besoins.

Hand’Joy a pour ambition d’amener la pratique sportive et les métiers du sport dans les quartiers prioritaires.


Comment, par le biais de votre association Hand’Joy, faites-vous de la pratique sportive un outil au service de l’égalité des chances ?

A. T. : Hand’Joy a pour ambition d’amener la pratique sportive et les métiers du sport dans les quartiers prioritaires. Pour ce faire, nous intervenons auprès des jeunes filles de Seine-Saint-Denis, soit lors d’opérations de sensibilisation, soit via le déploiement de programmes permettant de les guider dans leurs parcours sportif, éducatif, personnel et culturel.

80 jeunes filles âgées de 12 à 17 ans ont d’ores et déjà été accompagnées par l’association. Notamment au travers de « 100 filles pour 2024 ! », un programme soutenu par le Fonds de dotation de Paris 2024, et organisé sous la forme de camps de vacances sportives et éducatives. Aujourd’hui, nous allons encore plus loin dans notre démarche par le biais de « Championnes, le programme Grâce Zaadi ».
Ce dispositif bénéficie à 14 jeunes filles accompagnées plusieurs mois durant dans leur construction personnelle et professionnelle. Chaque bénéficiaire est mentorée par une sportive de haut niveau, qui l’assiste dans toutes les étapes clés de son parcours.

Avez-vous pour projet de développer des dispositifs d’insertion dans les métiers du sport ?

A. T. : Nous développons actuellement un cursus qui accueillera sa première promotion en septembre 2024. Intitulé « Hand’Job », il s’adresse aux talents issus de Seine-Saint-Denis – femmes et hommes – souhaitant se former au métier de manager de structure sportive. Cette certification est diplômante et permet de travailler au développement des structures sportives, là où les besoins en main-d’œuvre sont nombreux.

Le sport confronte très tôt à la notion d’échec et de la difficulté.


Diriez-vous que les valeurs et savoir-être acquis par le sport sont un atout pour l’insertion professionnelle ?

A. T. : Absolument. Le sport confronte très tôt à la notion d’échec et à la difficulté. À titre d’exemple, lorsqu’un sportif se blesse, il peut être privé d’activité pendant plusieurs mois et parfois même tomber dans l’oubli. C’est un passage difficile mais très formateur, qui forge le caractère et apprend à être résilient et persévérant.

Le sport apprend également à développer un fort esprit d’équipe, à être attentif aux autres, à penser collectif. Enfin, il donne les moyens de (re)gagner confiance en soi et agit comme un révélateur de potentiel.

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