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Femmes dans l’industrie : «Une belle histoire collective»

Douze femmes, sans aucune expérience dans l’industrie, se lancent dans une aventure collective de six mois pour retrouver un emploi dans le secteur industriel. Ce parcours, imaginé par l’UIMM de Champagne-Ardenne et développé avec France Travail et le Crepi (Clubs régionaux d’entreprises partenaires de l’insertion), tord le cou aux clichés et joue la carte d’un accompagnement global, le tout sous l’objectif d’une photographe professionnelle. Explications.

Publié le  21/11/2025

Inspiré de l’action multisectorielle Rebonds, imaginée par le Crepi en 2021, pour accompagner les femmes éloignées de l’emploi, le parcours Femmes dans l’industrie offre à une douzaine de candidates, sans prérequis particulier, si ce n’est peut-être une appétence pour l’industrie, six mois de remobilisation et de découverte des métiers. A l’origine du projet, Damien Evangelisti, chargé de mission Promotion des métiers de l'industrie pour l'UIMM Champagne-Ardenne, part d’un constat assez simple : le secteur doit élargir son champ de recrutement à d’autres publics. Et pourquoi pas les femmes ? «La première édition qui s’est déroulée dans la Marne, de janvier à juin 2025, est une vraie réussite. Onze femmes parmi les douze participantes ont repris le chemin de l’emploi ou de la formation. Six dans l’industrie et cinq dans d’autres secteurs. C’est très positif pour nous. Nous savions d’emblée que nous n’aurions jamais 100% d’emploi dans l’industrie. Même s’il n’y en a que la moitié, nous sommes gagnants. On leur a redonné goût au travail. C’est une réussite rien que pour cela !». Une belle promesse pour la 2e édition prévue de janvier à juin 2026 dans les Ardennes.

Les femmes «plus tenaces et plus engagées dans la durée»

Pour Laurent Lambert, responsable départemental partenariat France Travail Ardennes, il ne fait aucun doute que le public féminin a toute sa place dans le secteur industriel ardennais. «Elargir à d’autres publics, ça répond à une demande croissante du secteur. Nous avons prévu avec l'UIMM de mener des actions vers certains publics spécifiques comme les femmes qui sont largement sous-représentées dans l’industrie». Et pourtant, employeurs et formateurs sont unanimes : les femmes restent un public motivé et prêt à s’engager dans des parcours de formation longue. «Aujourd’hui, réussir à démarrer une formation usinage par exemple, c’est très compliqué. Cependant, on constate qu’il est plus facile de maintenir des formations avec les femmes en particulier. Elles sont plus tenaces et plus engagées dans la durée. Elles abandonnent moins facilement. On le constate notamment dans des recrutements compliqués, dans le secteur des transports par exemple». Et pourtant retourner en formation pour apprendre un nouveau métier ne va pas de soi. Surtout pour des femmes qui bataillent tous les jours contre des problèmes de santé, de garde d’enfants, de mobilité, de précarité financière. «Il y a une vraie difficulté à accepter de retourner en formation, explique Laurent Lambert. Pour certaines, c'est une madeleine de Proust pas très agréable, car elle peut renvoyer à un échec scolaire. C'est pour cela qu'il faut être très clair quand on présente ce parcours. Oui, c'est une formation, mais ce n'est pas un apprentissage de base, c’est une formation très technique à l'exercice d'un métier».

«Nous avons tenu à associer une partie artistique au projet. A l’issue du parcours, on organise une soirée avec le vernissage de l’expo. Et elles deviennent de vraies stars !»


Ce parcours de six mois est construit pour amener progressivement ces femmes à reprendre confiance en elles pour pouvoir se projeter à nouveau dans une vie professionnelle grâce à deux périodes d’immersion, au pôle formation de l’UIMM et en entreprise. Mais pour Damien Evangelisti, c'est avant tout une aventure collective : «Ça change des recherches individuelles car ici les autres peuvent aider, soutenir, remonter le moral. Le groupe avance ensemble, c’est une belle histoire collective». Cette histoire se raconte aussi en images puisqu’une photographe professionnelle est associée au projet. Tout au long du parcours, elle saisit les instants, les gestes, les regards, en entreprise, en atelier, ensemble, en solo. Un noir et blanc profond qui marie art et travail. «Nous avons tenu à associer une partie artistique au projet. A l’issue du parcours, on organise une soirée avec le vernissage de l’expo. Et elles deviennent de vraies stars !».

Crédit Photo : Eve ROBERT / Pin-up Addict

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