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« Les travaux publics participent au développement des infrastructures indispensables au numérique »
Dans le cadre de la semaine du BTP organisée par France Travail et ses partenaires, Ptisam Belbahloul, présidente de la Commission Formation à la FRTP IDF (Fédération Régionale des Travaux Publics), nous parle des métiers des travaux publics et de leurs évolutions en lien avec le numérique et la transition écologique.
Quel est votre parcours professionnel et votre rôle au sein de la FRTP IDF ?
Je suis directrice d’agence Axeo TP, une entreprise spécialisée dans le réseau d’eau potable et l’assainissement. J’ai intégré l’entreprise il y a maintenant 13 ans en tant qu’ingénieur travaux, puis responsable de secteur. Je suis directrice d’agence depuis trois ans.
Parallèlement, en tant que présidente de la commission Formation à la FRTP IDF, je pilote les réflexions et les actions liées aux enjeux de formation dans nos métiers, et représente la profession en tant que membre déléguée auprès des Canalisateurs IDF.
Nous menons un travail collectif avec nos partenaires dont France Travail, avec les entreprises et les organismes de formation et développons des actions de découverte des métiers, des visites de chantiers, des jobs dating… L’enjeu est de développer l’attractivité de ces métiers…
Quels sont les principaux métiers qui recrutent pour mener à bien les chantiers de travaux publics ?
Ce sont les métiers de canalisateur, de chef de chantiers et chef d’équipe, de conducteur de travaux et de conducteur d’engins. Les besoins de recrutement sont importants et nos entreprises éprouvent des difficultés à recruter. Or, ce sont des métiers qui sont utiles, qui permettent de réaliser des ouvrages concrets qui ont du sens et qui contribuent au bon fonctionnement de nos territoires.
Ces métiers véhiculent une image traditionnelle alors qu’ils sont en pleine évolution en lien avec la transition écologique et le numérique.
Comment ces métiers évoluent-ils avec le numérique ?
Le numérique est pleinement intégré à nos actes métiers. Nous utilisons des outils comme la géolocalisation des réseaux qui permettent de préparer un chantier, ou encore des drones pour l’inspection des ouvrages d’art. Le logiciel BIM nous permet de réaliser des jumeaux numériques de nos chantiers. Ce sont des outils qui viennent améliorer la préparation et la réalisation de nos chantiers grâce à la précision qu’ils apportent. Mais ce n’est pas tout …
Sans les travaux publics, pas de data centers, pas de cloud, pas d’IA. Les travaux publics participent au développement des infrastructures indispensables au numérique. Ces professionnels œuvrent au terrassement des ouvrages conçus pour soutenir des charges importantes, mettent en place les réseaux électriques et permettent ainsi aux data centers de voir le jour.
En un mot, les travaux publics sont encore plus stratégiques avec le numérique qui ne supprime pas le geste humain mais le modifie et l’accompagne.
Vous évoquiez tout à l’heure de l’impact de la transition écologique sur vos métiers. Quel est -il ?
J’ai un exemple très concret. Les data centers produisent ce qu’on appelle de la chaleur fatale, c’est-à-dire qui peut être récupérée pour les réseaux de chaleur d’une ville. C’est une logique d’économie circulaire que l’on retrouve dans les projets franciliens. A Saint-Denis, la chaleur du data center est réinjectée dans le réseau de chaleur urbain et dans la piscine olympique.
Autre exemple, qui illustre le lien entre l’IA et la transition écologique dans nos métiers. L’IA peut aider à mieux organiser les flux de matériaux, nous pouvons faire correspondre les déblais avec les besoins en remblais d’un autre chantier. Cela permet de limiter les transports, les kilomètres parcourus et l’utilisation de ressources nouvelles.
L’environnement est un sujet très présent dans nos métiers. Nous disposons, par exemple, d’un logiciel SEVE-TP qui nous permet de choisir l’option la plus intéressante pour la réduction des gaz à effet de serre lors de l’aménagement des réseaux d’eau potable.
Tout cela repose sur des compétences pour maitriser ces nouveaux outils. Comment facilitez-vous ce développement des compétences notamment pour les publics en reconversion ou en recherche d’un nouvel emploi dans le TP ?
Nos métiers sont en pleine transformation. Nous attendons des professionnels des TP qu’ils sachent utiliser ces nouveaux outils et dialoguer avec la donnée. Pour les aider à développer ces compétences hybrides, nous travaillons avec les équipes de France Travail et construisons des parcours de formation à partir des besoins des entreprises grâce aux POE (Préparation opérationnelle à l’emploi). Au préalable, il faut attirer ces publics vers nos métiers et notamment les femmes. Ce sont des métiers en pleine transformation.

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